I– Définition du commentaire composé et travail préliminaire
=> Le commentaire composé consiste à expliquer le texte littéraire en suivant deux ou trois grands axes de réflexion. Contrairement au commentaire linéaire, le commentaire composé ne suit pas l’ordre du texte. L’analyse du texte s’organise en axes de réflexion.
Pour comprendre le texte et trouver les axes de réflexion, il convient de lire quatre fois le texte. Chaque lecture a un objectif précis.
- La première lecture est une lecture simple, elle vise à s’approprier le texte.
- La seconde lecture se concentre sur l’intrigue : sur le brouillon, dire ce qui se passe dans le texte, quelle est l’histoire du texte : genre de l’œuvre, actions (que se passe-t-il ?), les personnages (qui sont-ils et quelles sont leurs relations, leurs caractère?
- La troisième lecture se concentre sur les jeux de forme : il s’agit de relever sur votre brouillon les effets dans le texte provoqués par :
- les champs lexicaux (le champ lexical de la nuit peut par exemple donner un effet inquiétant et sombre au texte)
- les figures de style (par exemple une périphrase donnera un effet de détour de la part de celui qui parle, l’utilisation de nombreuses métaphores peut donner un effet poétique au texte, une antithèse et un oxymore peuvent donner un effet de forte opposition, de contradiction, voire d’incohérence, etc…)
- les effets de sonorités : musicalité du texte, ou au contraire s’agit-il d’un texte dur à écouter?
- les temps verbaux : l’imparfait peut donner l’impression d’un temps long, figé et tranquille ; le passé simple au contraire accélère l’action et peut donner un effet de renouveau.
- le niveau de langue : S’agit-il d’un langage soutenu, courant ou familier?
- les effets grammaticaux : Il est inutile d’indiquer la nature grammaticale de chaque mot, mais si une fonction grammaticale donne un effet important dans le texte (par exemple un adjectif qui donne une description particulière du personnage, préciser que cet adjectif donne tel effet, etc…) il convient de la mentionner.
=> Attention ! N’indiquez que les effets qui vous parlent, dont vous dégagez le sens. L’important est de souligner les effets produits (le sens caché du texte). Ne faites pas une liste exhaustive de tous les effets, mais soulignez ceux qui vous semblent les plus frappants.
4. La quatrième lecture résume les grands effets du texte, les idées qui s’en dégagent : écrivez-les sur votre brouillon.
=> Ensuite, à l’issue de ces quatre lectures, lorsque vous avez noté les principaux enjeux du texte, ses sens cachés, vous pouvez dégager une problématique.
La problématique est une question que pose l’ensemble du texte, une question qui englobe les principaux enjeux qu’on peut se poser à sa lecture. La problématique est une question à laquelle votre commentaire va répondre.
=> Lorsque vous avez trouvé votre problématique, vous pouvez construire votre plan détaillé, c’est-à-dire classer vos idées mises sur le brouillon selon deux ou trois grands axes, et classer ensuite les sous-parties au sein de ces axes.
Les idées les plus générales constituent des axes, les idées plus particulières, plus précises, constituent les sous-parties.
Une sous-partie est englobée dans un des axes. Les sous-parties constituent les paragraphes qui permettent de développer l’axe. Il est préférable d’avoir trois axes, mais si vous n’en avez que deux, ce n’est pas grave.
L’important est que cela fasse sens pour vous, et que vos idées s’enchaînent logiquement.
Une fois votre plan détaillé rédigé, vous pouvez rédiger votre introduction.
II – L’introduction
- Présenter et situer le texte : localisation du passage dans l’œuvre, nature et contenu du texte, auteur, genre littéraire, époque) => Evitez de commencer l’introduction par des formules trop générales, comme » De tout temps, les écrivains ont célébré l’amour… » : restez au plus près du texte, du genre et de l’époque de l’œuvre auxquels il appartient. Exemple de présentation du texte : « Le texte proposé à l’étude est un extrait de la pièce Britannicus, écrite par Jean Racine au XVIIe siècle. Appartenant au théâtre classique, dont la visée principale est de plaire et instruire, le texte ci-contre est fait partie du dialogue entre Néron et Burrhus sur la meilleure façon de régner. «
- Formuler la problématique : Exemple : Dans quelle mesure la pièce de Racine dénonce-t-elle la tyrannie?
- Annoncer votre plan (annoncer seulement les deux ou trois grandes parties)
Chaque étape de l’introduction fait l’objet d’un paragraphe à part, vous ne sautez pas de ligne, vous allez seulement à la ligne.
Il convient de sauter deux lignes pour passer au développement.
On annonce qu’on va passer au développement avec une petite transition (on saute une ligne pour chaque transition) qui annonce la première partie.
III- Développement
Le développement suit votre plan détaillé : on formule proprement et de façon plus développée, ce qu’on a fait au brouillon : les effets relevés et les enjeux du texte, en citant le texte, toujours en suivant votre plan. Il s’agit de proposer votre interprétation du texte.
Dans chaque grande partie, chaque sous-partie doit faire l’objet d’un paragraphe ; allez à la ligne sans sauter de ligne. Chaque sous-partie doit être illustrée par une phrase du texte, dont vous donnez l’effet. Il s’agit de donner votre interprétation du texte.
Entre chaque grande partie, on compose une transition pour passer à la partie suivante. Il s’agit d’un petit paragraphe de quelques lignes entre deux grandes parties, qui résume ce que vous avez dit dans la partie précédente, et l’enjeu que vous allez aborder dans la partie suivante. Exemple : » Dans cette première partie, nous avons abordé la vision de l’amour de Néron. La seconde partie étudiera le caractère esthétique du texte. «
=> On saute une ligne entre chaque grande partie et chaque transition. Les sous-parties ne font pas l’objet de saut de lignes, mais on doit aller à la ligne pour les mettre en valeur au sein d’une grande partie.
IV – Conclusion
La conclusion de votre explication commence par un bilan de votre explication : on résume ce qu’on a dit dans notre développement, on en fait une synthèse, qui permet de répondre à la problématique formulée en introduction.
Si on trouve une idée pertinente, on propose une ouverture => On peut par exemple:
- Evoquer la suite de l’œuvre
- Mettre en relation l’extrait avec d’autres passages de l’œuvre
- Réfléchir au genre littéraire auquel appartient l’œuvre
Attention ! => Si vous n’avez aucune idée d’ouverture, n’en faites pas. Il vaut mieux dans ce cas ne pas faire d’ouverture et se limiter au bilan de votre développement, plutôt que de faire une ouverture très moyenne.
Courage, le commentaire est un exercice qui demande du temps pour se l’approprier, mais à force de temps et d’entraînement, vous allez y arriver :)