Il est important de connaître quelques citations littéraires.
Le meilleur moyen de vous constituer une culture littéraire est de noter les citations que vous préférez au fil de vos lectures. Cette pratique vous permet non seulement de garder un souvenir de ce que vous avez lu, mais également de fournir des exemples précis et variés lors de l’épreuve de la dissertation.
Je vous donne ici une liste non exhaustive de citations.
- « L’argent donne tout, même des filles. Oh! mon argent, où est-il? Si j’avais des trésors à laisser, elles me panseraient, elles me soigneraient, je les entendrais, je les verrais! Ah! mon enfant, mon seul enfant, j’aime mieux mon abandon et ma misère! » Balzac, Le Père Goriot, 1835
2. » Masques de faiblesse, masques de force, masques de misère, masques de joie, masques d’hypocrisie ; tous exténués, tous empreints des signes ineffaçables d’une haletante avidité! Que veulent-ils? De l’or, ou du plaisir? » Balzac, La Fille aux yeux d’or, 1833
3. » J’ai dû respecter la douleur de Madame de Clèves ; mais je la respecte depuis trop longtemps, et je lui donne le loisir d’éteindre l’inclination qu’elle a pour moi. » Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves, 1678
4. » Tu n’es pas esclave ; tu souffrirais la mort plutôt que de l’être, et tu veux nous asservir. » Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, 1796
5. » La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n’aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu’il avait vue sur plusieurs femmes. » Aragon, Aurélien, 1944
6. » Dès lors, ma frousse devint panique. Avec des êtres semblables, cette imbécilité infernale pouvait continuer indéfiniment. Pourquoi s’arrêteraient-ils? Jamais je n’avais senti plus implacable la sentence des hommes et des choses. » Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932
7. » Ce fût là ma première découverte à son propos : ne rien savoir de Lol était la connaître déjà. » Marguerite Duras, Le ravissement de Lol. V. Stein, 1964
8. » Pense à quel point tu m’aimes, avait-elle murmuré. Je ne te demande pas de m’aimer toujours à ce point-là, mais je te demande de t’en souvenir. Quoiqu’il arrive, il y aura toujours en moi celle que je suis ce soir. » Francis Scott Fitzgerald, Tendre est la nuit, 1934
9. » Vous allumez un feu qui ne pourra s’éteindre. Craint de tout l’univers, il vous faudra tout craindre. » Racine, Britannicus, 1669
10. » Heureux ou malheureux, il suffit qu’on me craigne. » Racine, Britannicus, 1669
11. » J’aimais jusqu’à ses pleurs que je faisais couler. » Racine, Britannicus, 1669
12. » Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. » Racine, Phèdre, 1677
13. » Tous mes moments ne sont qu’un éternel passage de la crainte à l’espoir, de l’espoir à la rage. » Racine, Bérénice, 1670
14. » Jason me répudie! et qui l’aurait pu croire? / S’il a manqué d’amour, manque-t-il de mémoire? / Me peut-il bien quitter après tant de bienfaits? / M’ose-t-il bien quitter après tant de forfaits? » Corneille, Médée, 1635
15. » Tu t’abuses, Jason, je suis encor moi-même. / Tout ce qu’en ta faveur fit mon amour extrême, / Je le ferai par haine ; et je veux pour le moins / Qu’un forfait nous sépare, ainsi qu’il nous a joints ; / Que mon sanglant divorce, en meurtres, en carnage / s’égale aux premiers jours de notre mariage. » Corneille, Médée, 1635
16. » J’ai aimé ton monde noir, ta révolte, ta connivence avec l’horreur et la mort, ta rage de tout détruire… […] Mais je veux m’arrêter, moi, maintenant, être un homme. » Anouilh, Médée, 1946
17. » J’accepte comme vous, sans plus vouloir comprendre, le noir commandement. J’écrase du pied, j’éteins la petite lumière. Je fais le geste honteux. Je prends sur moi, j’assume, je revendique. Bêtes, je suis vous! Tout ce qui chasse et tue cette nuit est Médée ! » Anouilh, Médée, 1946
18. » Pauvre Créon ! Avec mes ongles cassés et pleins de terre et les bleus que tes gardes m’ont faits aux bras, avec ma peur qui me tord le ventre, moi je suis reine. » Anouilh, Antigone, 1942
19. » Hélas ! qu’avec facilité on se laisse persuader par les personnes que l’on aime ! » Molière, L’avare, 1668
20. » Tout le monde connaît leur imperfection ; / Leur esprit est méchant, leur âme fragile ; / Il n’est rien de plus faible et de plus imbécile / Rien de plus infidèle : et malgré tout cela, / Dans le monde on fait tout pour ces animaux-là. » Molière, L’Ecole des femmes, 1662
21. » J’ai parcouru les mondes / Et j’ai perdu mon vol dans les chemins lactés / Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes, / Répand des sables d’or et des flots argentés: / Partout le sol désert côtoyé par les ondes, des tourbillons confus d’océans agités… / Un souffle vague émeut ces sphères vagabondes / Mais nul esprit n’existe en ces immensités » Gérard de Nerval, Le Christ aux oliviers, 1854
22. » L’astre est-il le point fixe en ce mouvant problème ? / ce ciel que nous voyons fut-il toujours le même ? / Le sera-t-il toujours ? / L’homme a-t-il sur le front des clartés éternelles? / Et verra-t-il toujours les mêmes sentinelles / Monter aux mêmes tours ? » Victor Hugo, Les Contemplations, « A la fenêtre pendant la nuit », 1856
23. » Il y avait des fruits tout ronds comme des âmes / Et des amandes de pommes de pin / Jonchaient votre jardin marin où j’ai laissé mes rames » Apollinaire, Alcools, Le larron, 1913
24. » Je sais les cieux crevant en éclairs et les trombes / Et les ressacs et les courants : je sais le soir, / L’ Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes / Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir » Rimbaud, Illuminations, « Le Bateau ivre », 1886
25. » Et le lent défilé des trains funèbres / commence avec leurs bruits de gonds / Et l’entrechoquement brutal de leurs wagons, / Disparaissant – tels des cercueils – vers les ténèbres. » Emile Verhaeren, La Multiple Splendeur, « Plus loin que les gares, le soir », 1906
26. » L’infini tout entier transparaît sous les voiles / Que lui tissent les doigts des hivers radieux / Et la forêt obscure et profonde des cieux / Laisse tomber vers nous son feuillage d’étoiles. » Emile Verhaeren, La Multiple Splendeur, « A la gloire des cieux », 1906
27. » Les fables ne sont pas ce qu’elles semblent être / Le plus simple animal nous y tient lieu de maître. » Jean de La Fontaine, Fables, « Le lion et le chasseur », 1668
28. » Manger l’herbe d’autrui, quel crime abominable. » Jean de La Fontaine, Fables, « Les animaux malades de la Peste », 1678
29. » Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Jean de La Fontaine, Fables, Les animaux malades de la Peste, 1678
30. » La fausse modestie est le dernier raffinement de la vanité. » La Bruyère, Les Caractères, 1687
31. » Lorsqu’on quitte la Yougoslavie pour la Grèce, le bleu – la couleur des Balkans – vous suit, mais il change de nature ; on passe d’un bleu nuit un peu sourd à un bleu marin d’une intense gaieté, qui agit sur les nerfs comme de la caféine. » Nicolas Bouvier, L’Usage du monde, 1963
32. » J’ai vu le démon de la violence, et le démon de l’avidité, et le démon du désir brûlant, mais par tous les dieux du ciel ! C’étaient des démons pleins de force et d’énergie, à l’œil de feu, qui dominaient et menaient des hommes – des hommes, vous dis-je. Mais là, sur ce flanc de colline, j’eus la prémonition que, sous le soleil aveuglant de cette contrée, je ferais la connaissance du démon avachi, hypocrite, au regard fuyant, d’une sottise rapace et sans pitié. » Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, 1899
33. » Mais son âme était folle. Se trouvant seule dans le monde sauvage, elle avait tourné son regard en elle-même, et, grands dieux ! Je vous assure qu’elle en était devenue folle. […] J’ai vu le mystère inimaginable d’une âme qui ne connaissait ni retenue, ni foi, ni crainte, tout en luttant aveuglément avec elle-même. » Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, 1899
34. » Et c’est moi seul aussi qui pouvais me détruire. / Je pouvais vivre alors et me laisser séduire ; / Mon cœur se gardait bien d’aller dans l’avenir / Chercher ce qui pouvait un jour nous désunir. / Je voulais qu’à mes vœux rien ne fût invincible, / Je n’examinais rien, j’espérais l’impossible. » Jean Racine, Bérénice, 1670